La tempête de 1999 : le Parc 20 ans après !

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Le dimanche 26 décembre, à 6h du matin, la tempête Lothar traverse de part en part le nord de la France. Ses vents moyens soufflent jusqu’à 115km/h dans les terres, avec des rafales dépassant parfois 150 km/h ; une force quasiment équivalente à celle d’un ouragan de catégorie 2.

La tempête fera 140 morts en France et entre 115 et 140 millions de mètres cubes de bois seront abattus. Cette tempête reste à ce jour la plus forte jamais enregistrée en Europe. Avant cela, le premier évènement comparable serait la grande tempête de 1703, survenue entre les 07 et 08 décembre 1703 sur la Bretagne et le sud de l’Angleterre, qui avait fait plus de 8 500 morts.

La tempête aura, dans le Parc comme ailleurs, abattu les arbres comme de simples brins d’herbe

Un Parc dévasté

Sur le seul domaine de l’ASP, on décomptera près de 2000 arbres cassés, déracinés ou étêtés. Des chênes essentiellement, des conifères et une grande partie des tilleuls de l’avenue Albine, plantés il y a plus de 35 ans, auxquels il faudra rajouter tous ceux situés dans les propriétés privées du domaine. Des toitures, des cheminées, des clôtures mais aussi des murs, sont endommagés par les vents violents ou la chute des arbres. Une dizaine de voitures sont écrasées, des lignes et poteaux téléphoniques sont projetés à terre occasionnant une gêne importante, parfois durable, pour les résidents. En effet, certaines avenues seront coupées d’électricité et de téléphone pendant plus d’une semaine ! Fort heureusement, aucun dommage corporel n’est à déplorer.

La réactivité de nos équipes

Dès le dimanche matin, les équipes de l’ASP sont alertées, le personnel en vacances est rappelé, et tous se rendent immédiatement sur le terrain. Pendant 24 heures, l’ASP gèrera seule la totalité du Parc. Le lundi, ils seront rejoints par les pompiers et les équipes de la ville. Une cellule de coordination est rapidement mise en place par le chef de corps des pompiers : la priorité est de déblayer les axes principaux afin de faciliter l’accès aux services de secours (ils seront tous dégagés en moins de 48 heures), dégager les résidents bloqués dans leur propriété et rétablir les lignes électriques et téléphoniques.

Si le « vital » a pu être fait rapidement, il aura fallu plus d’une semaine pour dégager la totalité des avenues du Parc, et ce  n’est qu’au début du mois de mai 2000 que les réserves seront toutes nettoyées et déblayées.

L’ASP avait pris la décision de tout mettre en œuvre pour dégager les réserves le plus rapidement possible en mobilisant toutes les ressources possibles : l’entreprise qui nous fournissait les billes de chêne pour notre propre usage (poteaux, lisses,…) avait déblayé la plupart des troncs pour la valeur du bois (avec un coût nul pour l’ASP), les branches avaient même été débitées et enlevées par des particuliers (munis d’une autorisation de l’ASP), le brûlage ayant été effectué par les équipes de l’ASP (sur autorisation municipale et contrôle des pompiers). 70% des souches avaient été retournées et 30% avaient été déracinées puis stockées à la Carrière Sainte-Hélène. 

2 tempêtes, 3900 arbres et un défi à relever

457 arbres d’alignement étaient tombés, 1 575 arbres gisaient au sol dans les réserves, 500 arbres jonchaient le terrain d’entraînement et 850 arbres devenus dangereux, avaient été abattus. Garante de la préservation du Parc et de son patrimoine arboré, l’ASP avait non seulement le devoir, mais aussi l’obligation, de procéder le plus vite possible à la replantation des arbres d’alignement et des arbres de réserve. Les premiers sujets avaient d’ailleurs été replanté dès l’automne suivant, selon des critères définis en étroite collaboration avec l’ONF et la commission des Sites. Chênes, frênes, charmes, noyers d’Amérique, pins sylvestres, gingko, liquidambars et cèdres : c’est au total 344 arbres dans les réserves et 50 arbres d’alignements qui ont été commandés dès avril 2000.

Lors de la tempête du 2 juillet 2000, caractérisée par de violents orages et des pluies diluviennes, 400 arbres – uniquement des essences à feuilles caduques – ont été déracinés (65 d’alignement et 335 dans les réserves) et sont venus s’ajouter aux 3500 arbres disparus lors de la tempête du 26 décembre.

Les réserves, et en particulier celles situées près de la place Marine, ont subi des ravages qui ont amputé de plus de 50% de leur densité de plantation. L’ASP avait alors fait le choix de maintenir la tradition tout en osant l’innovation. Maintenir la tradition en restaurant la prédominance du chêne, arbre séculaire et symbole des forêts françaises, dans les réserves, mais également en réintroduisant des espèces fruitières telles que l’alisier, le sorbier ou le merisier, pour favoriser la présence des oiseaux de petite taille qui se faisaient plus rares dans certains endroits du Parc. L’ASP avait également pris le parti d’innover en introduisant des espèces nouvelles comme le ginkgo biloba ou le noyer d’Amérique, de beaux arbres imposants et robustes.

Ces tempêtes ont démontré l’importance d’un suivi régulier du patrimoine arboré du Parc : connaître l’état phytosanitaire des arbres, pratiquer un élagage doux et raisonné ou en dernier ressort, l’abatage lorsque l’état phytosanitaire des arbres le nécessite.

Pour la petite histoire…

…ce sont les enfants de Maisons-Laffitte qui ont réalisé les premières replantations d’arbres ! Du 20 au 24 novembre, près de 350 enfants, soit 13 classes, et 50 enfants du centre aéré, se sont succédés dans la salle du Conseil de l’ASP pour assister à une présentation pédagogique sur les arbres, les effets de la tempête et le choix des essences les mieux adaptées au sol. Dans la réserve Vergniaud, l’une des plus dévastée du Parc, notre contremaître, Manuel Ribeiro, leur a ensuite expliqué le processus de replantation. Chaque enfant a ensuite jeté une ou plusieurs pelletées de terre sur « leur » arbre. Parmi ces arbres, deux avaient d’ailleurs été offerts par le centre aéré.

Cette sensibilisation des jeunes à leur environnement, aux spécificités du Parc et au respect de la nature était d’autant plus significative pour eux qu’ils allaient grandir en même temps que les arbres qu’ils avaient aidé à planter !

Le Parc, 20 ans plus tard !

Certains diront que le « poumon vert » n’a toujours pas retrouvé sa luxuriance de la fin du XXème siècle, mais tous s’accorderont pour reconnaître que les traces du passage de la terrible tempête Lothar sont de moins en moins visibles. Plus de vingt ans plus tard, l’image d’immenses clairières parsemées de troncs que la tempête avait percée dans les réserves n’est plus qu’un lointain et mauvais souvenir.

A noter que, selon les spécialistes, il faudra cependant encore 3 ou 4 décennies avant que le Parc ne retrouve sa densité végétale d’avant 1999. 

L’avenue Albine 1999 – 2020

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