Le cheval Dollar de Frank-Jay Gould

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Dans le Parc de Maisons-Laffitte on peut admirer aujourd’hui une statue haute de 3 mètres 50 en fonte bronzée d’un cheval dont le piédestal porte la mention gravée « Dollar ».

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette statue ne constitue pas la réplique d’un célèbre cheval mais représente un modèle type du « cheval anglais », plus précisément le numéro 150 du catalogue des Hauts Fourneaux de la fonderie du Val d’Osne (en Haute-Marne) qui l’a produite. Sculptée par l’artiste animalier Pierre-Lous Rouillard,(1820-1881) cette œuvre est diffusée pour la première fois, dans le magazine de Maisons-Laffitte en 1878.

Dollar, un pur-sang de talent

Vainqueur de la coupe de Goodwood en 1864, le cheval Dollar d’Auguste Lupin est l’un des chevaux mythiques de l’histoire des courses hippiques du XIXème siècle. Pendant une dizaine d’années, il fit partie de l’élite des étalons, occupant la première place en 1878, la deuxième en 1880, 1882 et 1886, la troisième en 1877, 1883 et 1887, et la quatrième en 1879 et 1885.

Mâle bai, il est né en 1860 au haras de Viroflay chez le célèbre éleveur Auguste Lupin. Bien que de petite taille (1m58), il a joué un rôle majeur dans la fondation de l’élevage du pur-sang en France.

Aux dires des spécialistes de l’époque, Dollar était caractérisé par « des membres légers mais très nets, des aplombs parfaits à l’exception des genoux creux, une épaule superbe, l’avant-bras musclé, un dessus admirablement fait, une arrière-main très puissante mais des jarrets droits que l’on rencontre chez les descendants de Flying Dutchman et qu’il a souvent légué à ses produits… ».

C’est l’architecte G. Jean Mauge qui soumit à l’approbation du Président de l’ASP le projet de réalisation d’une statue de prestige que Frank-Jay Gould proposa d’exécuter pour la réserve 103, en face de sa propriété. Une fois celle-ci transformée en paddock, Gould souhaita en effet l’embellir en plaçant en son centre, sur un haut piédestal, un cheval de bronze. Le Président, Eugène Engrand, choisit dans le catalogue la fameuse statue 150. Franck Jay Gould l’offrit finalement à l’ASP, l’Association Syndicale du Parc, le 1er juillet 1918.

Frank-Jay Gould, le Gatsby du Parc

Frank-Jay Gould (1877-1956), millionnaire américain, bienfaiteur de Maisons-Laffitte et syndic à l’ASP de 1913 à 1926, fut une source d’inspiration pour F.Scott Fitzgerlad ! Riche héritier de l’immense fortune acquise par son père grâce à l’exploitation des chemins de fer américains, ce financier du Nouveau Monde vint en France faire prospérer sa fortune de multiples façons ; lancement d’hôtels de luxe et de casinos en Normandie et sur la côte d’Azur, élevage de chevaux de course d’exception, investissements dans la gastronomie etc.  

Frank Jay Gould

Grace à sa fortune et son flair, il développera ainsi un véritable empire. Surnommé le « millionnaire triste », il fit construire la célèbre « villa Edifra », vaste ensemble avec une villa, des écuries, une fosse aux ours, une superbe piscine couverte et des courts de tennis avenue La Fontaine. On peut d’ailleurs encore admirer les écuries de ce propriétaire de chevaux au 5, avenue Picard. Les grilles majestueuses de l’entrée et les deux pavillons sont d’ailleurs d’époque.

Le jeune milliardaire américain arriva à Maisons-Laffitte en 1911 et dès 1912, pour marquer son arrivée, il offrit un feu d’artifice du 14 juillet à la ville et fit ériger la statue en bronze « Dollar » et la baptise du nom du célèbre étalon, sur la réserve située en face de sa propriété.

Le mécénat de Frank-Jay Gould connut une grande notoriété grâce à sa troisième épouse, l’illustre Florence Gould. Dans le Parc, il fait construire l’église anglicane « Holy Trinity Church », située au 15 avenue Carnot. Plus encore, sensible à la notoriété de Maisons-Laffitte, son Parc et sa tradition hippique, il s’intéressa à l’aménagement des abords de l’hippodrome et participa financièrement à la création d’un promenoir public, entre les avenues Picard, Destouches et Contat, en face de ses écuries.

Le cheval « Dollar » s’érige fièrement et nous rappelle ainsi l’histoire très riche et l’importance du couple Gould sur la physionomie de Maisons et du Parc. « Sur les traces de Gould », une belle promenade en perspectives à ne pas manquer !  

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