Le Château et le Parc

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Depuis le XVIè siècle, les rives de Seine comprises entre Paris et Saint-Germain-en-Laye offrent un tel agrément que de nombreuses seigneuries séduites y ont fait construire leurs demeures. René de Longueil suit ainsi l’engouement général de l’époque lorsqu’il décide de se porter acquéreur du domaine de Maisons.  Il offre ensuite au grand architecte François Mansart ce chantier a novo, avec pour objectif de créer un ensemble harmonieux où les architectures de domaine et de jardins sauront se répondre. 

Edifié sur la même rive de Seine, le château de Maisons présente une situation identique à celle du château de Saint-Germain édifié sous Henri IV : position en surplomb, jardins en terrasses descendant jusqu’à la Seine, rive opposée paysagée et pour finir un vaste Parc. La principale différence réside dans le fait que le château de Maisons ouvre ses bras vers l’ouest et qu’il déroule un grand tapis vert en direction de la forêt de Saint-Germain. 

Le Château et son parc, chef d’œuvre de Mansart, furent conçus, entre 1640 et 1650, en parfaite symbiose : les lignes de composition de l’édifice et du paysage convergent ainsi toutes deux vers le vestibule central du Château.

Pendant plus de deux siècles le paysage restera inchangé. Puis, Jacques Laffitte décide de modifier cet équilibre en permettant l’implantation de diverses maisons dans la verdure, faisant perdre au Château son rôle de point de convergence unique. A cet égard, c’est le Parc qui sera, bien d’avantage que le Château et pendant plus de trois siècles, le sujet central de cette histoire à rebondissements.

Ainsi, avec le temps, le territoire du Château ne va cesser de se réduire et le magnifique bâtiment lui-même semblera en sursis pendant un temps où l’architecture classique du XVIIè n’est guère prisée. A la fin du XIXè siècle, le Château n’est plus que l’un des éléments dans le paysage de la colonie, ne servant que de repère éponyme à la « Villa du Château », dernier avatar du lotissement.

Toutefois, l’histoire du Parc de Maisons s’est organisée, dès le début, autour du Château édifié par Mansart. Des liens subtils n’ont cessé de se tisser entre la demeure de René de Longueil, le fleuve et la forêt. Aussi, Maisons (Laffitte) s’inscrit-il tout-à-fait dans la lente élaboration de la maîtrise du paysage, des châteaux de la Renaissance au Versailles de Louis XIV. Ces paysages où, peu à peu, on façonne le territoire pour mieux signifier que la nature et l’art se répondent et que l’homme, maître suprême, dispose de ceux-ci pour son agrément.

René de Longueil

Une fois le Château terminé, René de Longueil s’attache à la construction de l’avant-cours avec les fameuses écuries (dont les pierres et le bois serviront à l’édifice des premiers pavillons dans le Parc) et à l’agrandissement du domaine aux entrées duquel il confèrera un caractère monumental. Ainsi, en 1647, il achète moultes vignes (remplacées au début du XVIIIè siècle par la création d’allées cavalières) le long de l’avenue du Château et commande le reboisement en « gland et châtaigne » du domaine et fera construire, l’année suivante, les murs du Parc. Ce n’est cependant qu’en 1658 que René de Longueil obtiendra, par lettres royales, l’autorisation de faire clore son Parc.

Le Comte d’Artois

Lorsque le Comte d’Artois acquiert le domaine et son Château en 1777, il engage d’importants travaux, tant dans le bâtiment que dans le Parc. Ce dernier est alors massivement boisé avec diverses essences car le Comte souhaite en faire un « jardin promenoir planté d’arbres et de boulingrins ». Outre les travaux de réaménagement du Parc, le Comte envisage également de vastes travaux de voirie pour magnifier l’arrivée dans le Parc depuis la route de Poissy. A terme, une majestueuse allée bordée d’arbres est également créée face à la patte d’oie (Place Marine) et qui, complétée par un nouveau réseau d’allées, se transforme en carrefour étoilé. Cet aménagement modifie sensiblement l’équilibre des avenues du Parc : dorénavant, la grande artère parallèle au château formée par les avenues de Longueil et Eglé, trouve son égale dans une nouvelle voie grandiose qui la croise juste dans l’axe du Château.

Jacques Laffitte

A partir de 1831, la position financière et politique de Jacques Laffitte, le banquier et Président du Conseil, se détériore. En 1833, il cède « fictivement » une partie du Parc à son frère avec pour ambition d’en créer un vaste lotissement. La même année, il détruit les grands et somptueux bâtiments du manège et des écuries dessinées par Mansart. En 1834, Jacques Laffitte divise le grand parc du domaine de Maisons acheté à la maréchale Lannes en 1818, en deux parts : il offre l’une à la vente par parcelles à des particuliers et il garde l’autre en pleine propriété : boulevards, places, avenues et réserves boisées.

Conjointement à cette opération, il établit un Cahier des Charges, véritable charte du Parc, afin d’instituer à titre perpétuel, un certain nombre de servitudes propres à préserver au Parc son caractère résidentiel et agreste. Peu à peu, les premiers propriétaires s’installent puis se regroupent sous des formes diverses pour gérer au mieux leur patrimoine commun et faire respecter le Cahier des Charges… En créant le champ de courses, Jacques Laffitte achève de rétablir la santé de ses affaires et peut ainsi conserver son Château et les 33 ha lui appartenant dans le Parc.

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Affiche réalisée pour le bicentenaire en 2018

Depuis cette époque, le Château de Maisons-Laffitte et le Parc constituent deux entités distinctes dont l’histoire commune font la spécificité de la cité de Maisons-Laffitte. Tous deux restent, aujourd’hui encore, parfaitement indissociables dans le cœur des mansonniens.

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